La question médiatique n’est pas une question secondaire.
Elle touche au cœur même du réel.
Un pays existe par son territoire.
Par son peuple.
Par ses institutions.
Par son économie.
Mais il existe aussi par la manière dont il se représente lui-même.
Le réel médiatique n’est pas le réel en soi.
Il est la mise en récit du réel.
Or, lorsque la mise en récit se détache trop fortement de l’expérience vécue,
un décalage s’installe.
Ce décalage peut prendre plusieurs formes :
- minimisation des tensions réelles,
- amplification artificielle de certains phénomènes,
- fragmentation du débat public,
- réduction de la complexité à des oppositions simplistes.
Dans ces conditions, le citoyen ne sait plus très bien où se situe la ligne de vérité.
Le problème n’est pas qu’il y ait pluralité d’opinions.
La pluralité est saine.
Le problème surgit lorsque le cadre médiatique devient lui-même un acteur,
au lieu d’être un espace.
Alors le réel n’est plus seulement observé.
Il est orienté.
Et lorsqu’un pays ne se voit plus avec justesse,
il devient difficile pour lui de se corriger.
Le réel médiatique n’est donc pas une question de polémique.
C’est une question de responsabilité.
Car une nation qui ne parvient plus à nommer clairement ses propres fractures
finit par les subir.
Ce dossier n’a pas pour vocation d’attaquer un camp.
Il cherche à poser une question plus fondamentale :
La France dispose-t-elle encore d’un espace commun de lucidité ?
➡ Retour au dossier : Dossier Réel Médiatique
Laisser un commentaire