Les jours se succèdent.
Les horaires sont tenus.
Les tâches sont accomplies.
On se lève.
On se rend au travail.
On fait ce qu’il y a à faire.
Rien d’exceptionnel.
Les gestes sont connus.
Ils se répètent.
Ils s’ajustent à la contrainte.
Ce n’est pas un effort ponctuel.
Ce n’est pas une mobilisation passagère.
C’est un régime.
L’énergie est comptée.
Le temps est organisé.
Les marges sont réduites.
On fait avec ce qui est là.
On maintient ce qui peut l’être.
La fatigue ne se manifeste pas par une crise.
Elle ne déborde pas.
Elle ne se dit pas.
Elle s’installe.
Elle devient une donnée ordinaire.
Un paramètre silencieux du quotidien
.Il ne s’agit pas de transformation.
Il ne s’agit pas de progression.
Il s’agit de tenir.
Tenir pour vivre.
Tenir pour que le lendemain ressemble encore à la veille.
Ce maintien n’est pas un choix affirmé.
Il n’est pas porté par une promesse.
Il répond à une nécessité simple :
continuer.
La vie ne s’arrête pas.
Elle se poursuit sous contrainte.
Et cette poursuite, répétée, organisée,
silencieuse,
dessine la forme concrète de la subsistance.
Statut éditorial
France Réel
Tome III — Article 2
Rubrique : Subsistance
